Allongée dans l'herbe, perdue dans la montagne. L'odeur autour de moi doit être exempte d'empyreume ou de brûlé. Pas besoin d'endiguer ma respiration. Juste penser au passé qui rend imparfait ce présent. Penser au futur dont je ne connais ni l'aujourd'hui, ni le demain. Penser à s'en taillader le coeur, à s'en morceler la peau. Des jours entiers. Des nuits entières. Plusieurs jours. Plusieurs nuits. J'ai pensé et je suis tombée un nombre considérable de fois. Je cris pour oublier. Je cris et je tombe. Je me cogne et je retombe. Tout devient rouge. Je brule. Tout brule. Reste plus qu'à boire. Je crois bien que cet après-midi, j'ai ingurgité verre sur verre. Je ne sais vraiment plus trop. Je crois bien que cet après-midi, je me suis endormie dans l'herbe. Suite à un verre de trop. Mais ou est le bonheur qui fleurissait dans les mains ? Mais ou est le bonheur qui donnait un sourir sur des visages élagués ? Le bonheur qui autrefois était patent est devenu bonheur latent, bonheur amorphe. Je cris, je pleure, mais la scène passe presque inaperçue. Un cauchemar qui ne cesse pas dans l'obscurité d'un petite salle agonisant quiconque y rentre. Une succession de souvenirs devenant flous à cause de mes larmes, saccadés. Mon coeur s'est épuisé, égaré à vouloir les suivre, les comprendre. Il n'y a plus rien à pénétrer. J'aimerais devenir pierre. Plus de sentiment, rien. Me contenter de contempler ces passant au visage d'hypocrites. Mais que faire ? Devenir la pierre d'une maison ? Laisser les pierres me parler, laisser les fenêtres s'ouvrir sur mon corps, laisser la rue me demander son chemin. Il n'y a qu'une chose compagne de ma chère solitude. Je m'y abandonne déja. Les murs de la pièce virent petit à petit du blanc au rose, puis du rose au bleu. Des étoiles flottent dans la pièce, légères, de toutes les couleurs.




