Bien que j'aime écrire, je ne me considère pas vraiment bonne pour les rhétoriques, ni dans ce domaine dailleur. Je n'écris pas mieux, pas moins bien, que les six milliards de gens sur la Terre. J'écris; point. J'ai mon style, chacun a le sien. Le mien plait, le mien ne plait pas. Cela ne m'est guère important.
Mes écris ne sont formés que de textes, eux, de mots. Rien de plus, rien de moins. Je n'oublie les signes de ponctuation qui font qu'un texte est plus vivant, mais pas forcément plus interessant à lire. Je ne sais même pas pourquoi je m'évertue à écrire cela. Il n'y a pas d'intéret. Mais c'est cela que j'aime, écrire sans sujet, se laisser juste guider par les mots qui nous viennent, les assembler, comme de nombreux légos, pour obtenir quelque chose qui n'est certes pas forcément concret mais qui reste tout de même une chose.
Je n'ai pas vraiment de longs mots à assembler, justes quelques phrases à ajouter les unes aux autres. Je suis juste un corps diaphane qui supporte des regards indifférents, des soupirs silencieux. Et par moment j'aime cela, écrire et m'évader de ce monde, m'évader dans la solitude. Abscence de parole. Abscence de personne que l'on connait. Abscence de courtoisie. Se suffir à soi-même. Seulement avec quelques milliards de gens autours de nous, en mouvement perpétuel, la solitude et bien dure à atteindre. Et pourtant elle m'apprend le silence, le calme, me fait trouver un gout de penchants oubliés. Alors j'aime cette pièce close, plus communement appelée ma chambre, avec une lumière pâle, peu dense. Mais ces temps-ci, alors qu'elle demeurait close, elle ne cesse jamais de s'ouvrir, se fermer, se réouvrir, se refermer; j'ai comme l'impression que le rythme s'accélère de plus en plus. Quand à dehors, les gens s'agitent, défilent. Les sifflements de la nuit, les bruits de pas, les voix qui s'interrogent, qui se mélangent, tous se mélangent, je n'aime pas se mélange hétérogène.